Extrait du journal "Le Soir" du 23 Décembre 03
Une perquisition a eu lieu la semaine dernière aux sièges France et Europe de Bayer CropScience (BSC), situés à Lyon, dans le cadre d'une information judiciaire sur l'Insecticide Régent soupçonné de décimer les colonies d'abeilles ,a-t-on appris lundi auprès de la direction de BCS.
Cette perquisition a été menée le 16 décembre par six fonctionnaires de la police judiciaire sur base d'une plainte de l'Union Nationale de l'Apiculture française.Celle ci accuse ce produit d'être dangereux pour les abeilles. Des documents ont été saisis et le directeur de Bayer CropScience, Kurt Küssgen, a été entendu " (AP)
AFP, 17/12/2003
Apiculture - Hostilité croissante au Gaucho et au Régent en Pays-de-la-Loire
La croisade des apiculteurs contre les insecticides dits systémiques, qu'ils accusent de tuer les abeilles, rencontre un écho grandissant en Pays-de-la-Loire auprès d'élus sensibles au principe de précaution et qui redoutent des risques pour la santé humaine.
Alors que l'administration, la justice et les scientifiques n'ont pas encore tranché le débat sur la dangerosité du Gaucho (imidaclopride) et du Régent (fipronil), plusieurs maires et députés paraissent entendre l'avocat de la filière Miel, Me Bernard Fau, quand il évoque une "catastrophe programmée".
La lutte sans merci entre les apiculteurs et les groupes chimiques Bayer et BASF, fabricants des produits phytosanitaires mis en cause, est "le début d'un nouveau scandale de santé publique comparable à celui de la vache folle", affirme le député de Vendée (MPF) Philippe de Villiers dans une lettre qu'il vient d'adresser au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Le leader du MPF, qui rappelle souvent qu'Albert Einstein liait le destin de l'homme à celui des abeilles, a épousé avec fougue la cause des apiculteurs. Il a écrit mardi 16 décembre 2003 à tous les maires de son département pour leur demander de prendre "par précaution" des arrêtés interdisant l'usage des deux molécules.
C'est au nom de ce principe que deux maires du Maine-et-Loire, imitant l'exemple d'un village vosgien précurseur, avaient pris des décisions semblables au printemps 2003. Les textes ont été contestés le 2 décembre par le préfet devant le tribunal administratif de Nantes. Le très probable rejet de leurs décisions ne découragera pas les élus, qui ont annoncé "d'autres arrêtés". Quatre maires de Loire-Atlantique leur ont déjà emboîté le pas.
De son côté, le Conseil régional des Pays-de-la-Loire a demandé pour la troisième fois, en octobre, le retrait du marché des deux substances, à l'issue d'un vote de tous ses groupes. Il devrait approuver des aides à la reconstitution des cheptels et à la relance de la filière. Dès septembre 2002, la ministre de l'Ecologie Roselyne Bachelot, par ailleurs élue du Maine-et-Loire, avait proposé l'interdiction du Gaucho "sur toutes les cultures".
En janvier, le gouvernement a finalement décidé de maintenir l'emploi du Gaucho pour traiter le maïs, tout en programmant des "zones d'observation" sans Gaucho afin d'approfondir la recherche sur les causes de la diminution des colonies d'abeilles. L'insecticide agricole demeure également interdit sur le tournesol.
La France agricole - 19 décembre 2003
Philippe de Villiers demande aux maires de Vendée d´interdire Gaucho et Regent
Les deux insecticides ont été au coeur du débat lors des deuxièmes assises de l´apiculture à La Roche-sur-Yon.
Les deuxièmes assises de l´ apiculture, qui se tenaient le 15 décembre à La Roche-sur-Yon (Vendée), se sont focalisées sur les insecticides Gaucho et Régent et leur éventuelle responsabilité dans la surmortalité des abeilles
Philippe de Villiers, président du Conseil général du département, a annoncé qu´il allait écrire " dés mardi 16 décembre, aux 582 maires de Vendée pour leur demander de prendre un arrêté interdisant Gaucho et Régent ". Il doit également s´adresser à Luc Guyau, président de la chambre d´agriculture pour lui demander de répercuter cette interdiction. " Nous sommes devant un scandale d´Etat qui est du même niveau que ceux de la vache folle et du sang contaminé " a affirmé Philippe de Villiers. Répondant " à la campagne de dénigrement et de déstabilisation menée contre le fipronil", matière active du Régent, BASF réaffirme dans un communiqué que ce produit n´est p as responsable des mortalités abeilles lors de la floraison des tournesols et que contrairement aux suspicions formulées par les apiculteurs, il ne présente aucun risque pour la santé humaine dans le cadre de ses usages autorisés.

